
L'argument de vente alimente la peur des utilisateurs en leur faisant miroiter la sécurité accrue qu'un tel outil procurera à leur famille, sans parler d'une curiosité assez morbide de la part de ceux qui désirent connaître la "densité" des agresseurs sexuels dans leur quartier ou celui de leurs amis et connaissances.
Mais outre le fait que les bases de données officielles sur lesquelles s'appuie cette application restent criblées d'erreurs et mises à jour de manière assez hétérogène, celle-ci perpétue l'image de l'agresseur sexuel comme un prédateur inconnu et menaçant. La triste réalité criminologique est plutôt que la majorité des victimes sont agressées par des personnes de leur entourage immédiat, qu'il s'agisse de membres de la famille, d'amis de la famille ou de membres d'une institution offrant des soins ou des services à l'individu. Seulement 14% des victimes sont agressées par un parfait inconnu.
Ce n'est donc certainement pas en consultant la distribution géographique des délinquants sexuels dans leur quartier que les utilisateurs de cette application arriveront à protéger leurs proches. C'est plutôt dans leur carnet d'adresse qu'ils auront plus de chances d'identifier des risques.