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samedi 10 octobre 2009

Le directeur du FBI interdit de transactions bancaires en ligne (par sa femme)

De son propre aveu, le Directeur du FBI aurait failli communiquer ses coordonnées bancaires à un site d'hameçonnage, avant de se rendre compte que cela n'était peut-être pas une si bonne idée. En faisant part à son épouse, celle-ci lui aurait dorénavant formellement interdit toute opération en ligne.

via The Register

mardi 29 septembre 2009

Le vol d'identité inspire des humoristes

Cette parodie d'une rencontre entre un banquier et une victime de "vol d'identité" (hélas en anglais) illustre à merveille les enjeux reliés à la responsabilité des institutions financières que reflète la terminologie dominante. Alors, vol d'identité ou vol de banque?

jeudi 9 juillet 2009

Une nouvelle forme de fraude bancaire par téléphone

La société de conseil en sécurité Actimize, spécialisée dans le secteur bancaire et financier vient d'identifier un nouveau type de fraude bancaire dans laquelle les délinquants utilisent une stratégie assez rudimentaire sur le plan technologique afin de vider le compte en banque de leurs victimes.

Dans un premier temps, le fraudeur contacte sa victime par téléphone en se faisant passer pour son institution bancaire et l'avertit que son compte a été compromis et que des informations personnelles doivent être vérifiées afin de mettre un terme à la situation. Le fraudeur l'informe alors que l'appel va être transféré au service à la clientèle et demande à la victime de patienter. Pendant ce temps, le fraudeur appelle la banque de la victime et initie alors un appel-conférence à trois pendant lequel il reste silencieux, ce qui lui permet cependant d'écouter les réponses aux questions de sécurité posées par le représentant de la banque. Dès qu'il entre en possession de ces informations, il met fin à l'appel en prétextant que le problème est résolu. Il ne lui suffit plus qu'à rappeler le centre d'appel de la banque, en espérant ne pas tomber sur le même préposé, à répondre correctement aux questions d'authentification (qui en général ne sont pas posées de manière aléatoire), et à initier des virements bancaires vers des comptes qu'il aura lui-même créé.

La seule technologie requise dans ce type d'attaque très efficace qui aurait été observé au Royaume Uni, aux États Unis et au Canada ces dernières semaines est une ligne téléphonique capable d'initier des appels conférences à trois. Le plus difficile pour le fraudeur est alors d'apprendre de quelle banque sa victime est cliente afin de pouvoir la mettre en relation avec la bonne institution.

jeudi 16 avril 2009

Les nouvelles méthodes des pirates informatiques pour s'emparer des codes secrets des cartes de paiement

Un article de Wired décrit l'apparition de nouvelles méthodes utilisées par les pirates informatiques pour s'emparer de grandes quantités de codes secrets de cartes de débit et de crédit. Le procédé repose sur l'interception de ces codes lors de leur transmission entre les distributeurs automatiques de billets et les serveurs des institutions financières émettrices et intermédiaires. Les codes secrets encryptés ne semblent par ailleurs pas épargnés, dans la mesure où les pirates exploitent les failles associées au paramétrage défaillant des équipements qui permettent de crypter les transactions financières (plus de détails sur ces modules de sécurité HSM vendus par la société Thalès ici). S'il semble que les machines sont configurées de manière absolument sûre lors de leur livraison, le besoin d'assurer leur compatibilité avec les équipements vendus par d'autres fournisseurs ainsi qu'avec les spécificités de chaque système bancaire national conduisent à ces erreurs. D'autres pirates ont développé une approche qui leur permet de siphonner les codes secrets pendant les quelques instants où ils sont stockés de manière non-cryptée sur les serveurs des banques afin d'autoriser la transaction.

S'il est confirmé, le saut qualitatif effectué par les fraudeurs leur permettrait d'accéder à un volume beaucoup plus important de données personnelles à très forte valeur ajoutée que ce que leur permet actuellement la fraude individualisée par skimming ou phishing. Par ailleurs, il sera plus difficile aux victimes de prouver leur bonne foi dans les cas de retraits d'espèces résultant de l'obtention frauduleuse du code secret, et il reste à voir dans quelle mesure les institutions financières joueront la transparence avec leurs clients.

vendredi 3 avril 2009

Photos de distributeurs de billets piégés par des fraudeurs

Le site Zataz a mis la main sur deux séries de photos très informatives (ici et ici) qui montrent les moyens techniques utilisés par des fraudeurs français pour cloner des cartes de débit ou de crédit introduites dans des distributeurs automatiques de billets. Les photos sont d'origine française, mais la technique est universelle.


On y voit qu'il est de plus en plus difficile pour l'usager lambda d'identifier la présence de tels kits sur des distributeurs où tout semble normal et "propre", ainsi que la présence de caméras qui peuvent capturer les codes secrets des clients et les transmettre par le biais de téléphones cellulaires.

mardi 18 novembre 2008

Nouveau sondage sur le vol d'identité au Canada

Susan Sproule er Norm Archer, de l'Université McMaster, viennent de rendre public les résultats d'un récent sondage sur le vol d'identité au Canada. Leur échantillon est de taille (3000 répondants), ce qui fait de cette étude la nouvelle référence canadienne dans le domaine. D'après les résultats obtenus, environ 1,7 millions de canadiens auraient été victimes d'un vol d'identité au cours des 12 derniers mois, soit 6,5% des consommateurs canadiens.

La plupart des victimes (57%) ne savent pas comment leurs informations personnelles ont été compromises, mais il semble que les transactions commerciales traditionnelles (38%) sont à l'origine de plus de fraudes que les achats en ligne (15%), ce qui confirme le fait que le niveau de sophistication technologique des fraudeurs reste relativement limité. De plus, dans seulement 7% des cas, les fraudeurs sont des proches des victimes, ce qui semble remettre en question le mythe de la responsabilité individuelle des victimes, trop souvent présentées comme négligentes dans l'utilisation de leurs informations personnelles.

La réaction des victimes à la suite d'un vol d'identité est également instructive: seulement 13% déclarent les faits à la police, ce qui peut aussi bien être lié au peu de confiance accordé à cette dernière pour ce type d'affaires qu'à la bonne gestion de tels incidents par les institutions financières, qui rendrait inutile le recours aux institutions d'application de la loi. On peut imaginer aussi que les montants impliqués ne soit pas jugé suffisamment élevés pour requérir de faire appel à la police. Par contre, 20% des consommateurs ont déclaré avoir diminué leurs achats en ligne en raison de leur préoccupation pour la sécurité des transactions et le vol d'identité, ce qui constitue un effet tout à fait significatif sur l'économie de l'Internet.

On attend donc maintenant une deuxième vague du sondage dans un ou deux ans afin de savoir quelle est l'évolution du phénomène dans le temps.

mercredi 29 octobre 2008

La sécurité précaire des données personnelles en Amérique du Nord: nouvelle note de recherche

Vous pourrez télécharger une note de recherche que je viens de terminer avec Benoît Gagnon sur la sécurité des informations personnelles en Amérique du Nord sur le site de mon collègue Vincent Gautrais, qui la commente ici. Cette note nous permet de comprendre l’ampleur du problème des brèches de sécurité (qu’il s’agisse de vols, de négligences, de pertes ou de piratages) auxquelles ont été exposées les organisations publiques et privées (ainsi que leurs clients, usagers et employés) aux États-Unis et au Canada au cours de la période allant de janvier 2005 à janvier 2008.

Parmi les faits saillants de cette note :

• Pendant la période considérée, nous avons identifié 976 incidents de pertes ou de vols de données, ayant donné lieu à la compromission de 313 millions de dossiers personnels;

• Nous avons pu recenser 23 événements ayant eu lieu au Canada pour un total estimé de 4,4 millions de dossiers personnels compromis, mais en l’absence d’une obligation légale de divulgation pour les organisations victimes, ce chiffre nous semble fortement sous-estimé;

• Tous les secteurs d’activités gouvernementaux et privés semblent également affectés par des défaillances en matière de protection des données personnelles. Les secteurs de l’éducation, de la santé, les divers services gouvernementaux ainsi que les institutions financières sont les quatre principaux pourvoyeurs d’incidents;

• Plus de la moitié des incidents sont attribuables au vol d’équipements informatiques tels que des ordinateurs portables, ou à la négligence des employés des organisations concernées. Le piratage informatique ne concerne que 22,7% des affaires analysées. Il apparaît donc que ces incidents pourraient facilement être prévenus par une meilleure formation dispensée aux employés et le recours à des politiques plus strictes de transfert et de chiffrement des bases de données sensibles;

• Les principales victimes individuelles de ces incidents sont les usagers des services publics (35,1%), devant les employés des organisations concernées (22,8%) et les clients d’entreprises affectées (20,9%). La diversité des victimes individuelles et leur répartition relativement équilibrée selon les catégories semblent indiquer que ce sont bien les modes actuels de gestion des informations personnelles qui posent problème aux organisations, quelles que soient les personnes concernées;

• Bien que l’on observe une diminution du nombre d’incidents déclarés pour l’année 2007 après une forte augmentation en 2006, il est encore trop tôt pour dire si cette tendance est durable et si elle peut être attribuée au vote aux États-Unis de lois obligeant les organisations victimes à notifier publiquement les incidents. Par ailleurs, le contexte actuel de crise économique dans les secteurs immobilier et financier risque de générer de fortes pressions sur les organisations et leur sécurité informatique, créant un rique accru de vols et de pertes;

• L’absence de dispositions législatives de divulgation et de notification au Canada est problématique, dans la mesure où cela nous empêche d’avoir une image précise de la situation et des risques auxquels sont exposés les citoyens canadiens. Ce déficit d’imputabilité et de transparence limite également les organisations et les individus qui souhaitent mettre en place des moyens efficaces de protection contre ces brèches de sécurité.

dimanche 3 août 2008

Vol d'identité et marketing sauvage

Deux personnes viennent d'être accusées à Los Angeles pour avoir abusivement accédé aux bases de données du principal prêteur hypothécaire américain (Countrywide, qui est également impliqué dans la crise immobilière des prêts à hauts risques), en avoir extrait les informations personnelles de centaines de milliers de clients, et les avoir revendues à des entreprises cherchant à leur proposer d'autres services de prêts bancaires. L'un des deux accusés est un ancien employé de Countrywide qui passait ses dimanches après-midi au bureau afin de télécharger sur une simple clé USB des blocs de données personnelles d'environ 20.000 clients, qu'il vendait 500$ à des entreprises par le biais de son complice. En deux ans, ce sont ainsi près de deux millions de clients qui ont vu leurs informations financières compromises. L'accusé principal aurait réussi à amasser 70.000$ au cours de ces deux années. On peut se demander comment un comportement aussi anormal (télécharger 20.000 dossiers de clients différents chaque dimanche après-midi pendant deux ans) n'a pas attiré l'attention des services d'audit informatique et de surveillance du principal prêteur immobilier américain. La réponse est encore hélas attribuable à la sous-estimation systématique que font les organisations qui gèrent de telles données des risques internes que représentent leurs employés, que ces derniers soient malveillants ou tout simplement négligents. 

dimanche 15 juin 2008

Comment pirater des applications de banque en ligne

Une longue vidéo fascinante d'une conférence de Fabrice Marie (un consultant en sécurité d'origine française mais qui donne sa présentation en anglais devant un public asiatique), qui porte sur les méthodes de piratage des systèmes bancaires en ligne. Cette présentation pleine d'humour a été faite il y a quelques années, mais elle reste selon moi d'une grande actualité (les diapos powerpoint sont disponibles ici).

Cette vidéo assez technique n'est pas seulement intéressante pour la démonstration qu'elle fait de la facilité avec laquelle il est possible de pénétrer des systèmes bancaires en ligne, mais surtout selon moi parce que Fabrice Marie nous explique comment réfléchissent les institutions bancaires dans leur processus de prise de décision et d'allocation des ressources informatiques, et dans quelle mesure la sécurité est rarement une préoccupation prioritaire. Il a également des mots assez durs contre la paresse des programmeurs qui créent ces applications en s'appuyant de manière systématique sur la technologie qu'ils maîtrisent le mieux, même si cette dernière n'est pas toujours la plus appropriée pour certaines situations spécifiques. Dit plus simplement, le choix des moyens n'est pas déterminé par les fins que l'on cherche à atteindre, mais plutôt par l'économie d'effort qui peut être obtenue. Qui plus est, la traçabilité des opérations (les "audit trails") semble assez inconsistante, voire inexistante.

Les outils qu'ils utilise sont très rudimentaires ("boring" comme il le dit lui-même), par contraste avec les applications qu'achètent les banques à prix d'or, et qui contiennent néanmoins un nombre important de failles, à moins que les acheteurs soient prêts à payer un supplément pour que ces failles soient réparées... Bref, une économie de la sécurité qui repose sur une délégation systématique des responsabilités et des risques aux acteurs les moins exigeants.



mardi 22 avril 2008

Les banquiers anglais veulent limiter leur responsabilité

Selon le site ComputerworldUK, les banques anglaises seraient en train de modifier leur code de conduite afin de limiter leur responsabilité de remboursement en cas de fraude. Les clients victimes devront en effet bientôt être en mesure de prouver qu'ils ont régulièrement mis à jour leurs logiciels antivirus et anti-spyware afin d'être dédommagés. Dans le cas contraire, ils seront considérés comme imprudents dans leur utilisation d'Internet, et devront assumer seuls la responsabilité financière de la fraude. Cette nouvelle approche semble indiquer que les pertes absorbées par les banques en raison des fraudes en ligne deviennent de plus en plus lourdes, et que la politique actuelle de compensation relativement généreuse risque d'être remise en question à plus ou moins brève échéance, que ce soit en Angleterre ou ailleurs.

On peut penser que cette responsabilisation des usagers risque de devenir la norme dans un avenir pas si éloigné que cela. J'aime utiliser l'analogie de la sécurité routière, qui nous montre comment l'encadrement réglementaire d'une révolution technologique s'est construit tout au long du 20ème siècle. Étant donné que nous sommes entrons tout juste dans la deuxième décennie de l'utilisation populaire de l'Internet, nous pouvons anticiper de nombreux changements dans les normes en matière de sécurité en ligne. Par contre, un récent sondage mené aux USA par la National Cyber Security Alliance montre à quel point les usagers individuels restent encore mal équipés pour prendre le contrôle de leur sécurité informatique.

On y apprend en effet que plus de 50% des utilisateurs n'ont pas changé le mot de passe de leur ordinateur depuis plus d'un an, et que 71% n'ont pas la moindre idée de ce que à quoi le terme 'botnet' fait référence (alors qu'il s'agit de l'une des principales menaces en matière de fraude informatique à l'heure actuelle). 46% se disent désemparés et ne sauraient pas quoi faire s'ils devenaient victime d'un 'cybercrime', et une proportion équivalente (48%) déclare ne pas savoir comment se protéger contre les 'cyber-délinquants'. Ce énième sondage ne nous apprend peut-être rien de bien nouveau, mais il a le mérite de montrer que les programmes d'information du public et de prévention ont encore bien du travail à accomplir.

D'ailleurs, pour prolonger l'analogie de la sécurité routière, pouvez-vous vous rappeler la dernière campagne publique de sensibilisation au vol d'identité ou à la fraude informatique à laquelle vous avez été exposés?

mercredi 7 novembre 2007

Comment pirater un compte bancaire en ligne

Petite vidéo éducative sur le mode opératoire des pirates qui prennent le contrôle de comptes bancaires... et raison supplémentaire de ne pas ouvrir les pourriels qui encombrent nos boîtes aux lettres électroniques (source Suisse, mais le principe s'applique partout).

via .:d4 n3wS:.

dimanche 28 octobre 2007

Une initiative de prévention décriée dans le New Jersey

Le procureur général de l'état du New Jersey, aux États-Unis, a demandé à quatre grandes banques de lui communiquer les mesures qu'elles prennent pour combattre le vol d'identité, et notamment l'hameçonnage (ou phishing), qui consiste à obtenir frauduleusement des données personnelles (numéros de comptes, codes secrets) à l'aide de courriers électroniques prétendument expédiés par des entreprises légitimes. Cette initiative qui vise à obtenir une plus grande transparence de la part des institutions financières est louable. En effet, on suspecte que les critères de revenu et de profitabilité restent un obstacle de taille se dressant sur le chemin d'une plus grande sécurité de l'identité dans les transactions en ligne.

Cependant, le second volet de cette campagne, qui encourage les banques à communiquer avec leurs clients par courriel afin de les informer qu'elles ont été victimes de ce type de fraude et de les conseiller sur les meilleurs moyens de s'en protéger, est plus douteux. En effet, comme le soulignent les experts consultés par les journalistes du Washington Post, cette initiative pourrait être exploitée par des fraudeurs qui se serviraient de sa médiatisation pour envoyer leurs propres courriels à des victimes potentielles. Dans un tel cas de figure et malgré toute la bonne volonté du monde, le procureur crée les conditions d'une victimisation accrue en conférant une crédibilité additionnelle aux missives des fraudeurs. Une prise de contact plus personnalisée et difficile à contrefaire, comme une lettre sur support papier, une visite en personne à son conseiller bancaire ou un séminaire organisé dans chaque succursale seraient de loin préférables.